samedi 21 mars 2009

lundi 16 février 2009

La lectrice

C'est en parcourant le net à la recherche de vidéos sur Paul Virilio (j'y reviendrais plus tard), que je me mets en quête de vidéos sur Jean Baudrillard (je lis en ce moment Simulacres et simulation). Et je trouve une vidéo amateur.
L'idée est toute simple: une fille assise lit un extrait de La Société de consommation de Jean Baudrillard, très exactement les pages 17, 18 et 19.
Un fondu gris - raté -, les pixels s'excitent et elle apparaît.
Elle doit avoir environ 25 ans, elle est assise dans un fauteuil club défraîchit, éclairée par une simple lampe qui lui sert de liseuse. La lumière éclate sur son épaule nue. Elle porte un débardeur jaune ou vert, on ne saurait dire avec certitude. Sa poitrine bouge à mesure qu'elle respire entre les mots. Elle lit vite, elle bute sur les mots, se reprends, tente des respirations maladroites. Et ceci durant les 3 minutes 25 qui lui sont nécessaires pour parcourir les trois pages du livre qu'elle tient face à elle, près du visage.
Elle baisse le livre et prononce un dernier mot sans lire le livre, le regard fixe, dans le vide: politique.

Puis elle s'arrête et c'est là le petit miracle. Le regard tournée vers celui qui la filme, au-dessus de l'objectif de la caméra, elle cligne plusieurs fois des yeux, elle attends et disparaît dans un fondu au noir. Elle est belle.

La vidéo à étée déposée sur Dailymotion (on peut la voir en plein écran) à la date du 10 Août 2008 à Paris, île de France, France. 

Une des plus belle et simple vidéo que j'ai vu.

Et d'imaginer cette lectrice, tard dans la nuit, me lisant la suite de Simulacres et simulation, lorsque mes yeux se ferment.

Elle est .

lundi 9 février 2009

Ortografe...

Oui, il y a bien deux fautes dans le titre! Bravo!
(et il y en a d'autres dans certains posts de ce blog, et sans doute dans celui-ci même, mea culpa).
Mais ce pourrait être bientôt la bonne façon d'orthographier le mot. En effet des linguistes s'interrogent sur l'évolution de la langue française. l'argument est simple: la langue française est une des plus compliquée à orthographier, y compris pour ceux dont elle est la langue maternelle.
Un des lieux où l'on peut se rendre compte de l'étendue des dégâts ce sont les forum sur internet, les blogs, mais aussi les commentaires des lecteurs des journaux électroniques.
Si l'on excepte le langage dit SMS, qui s'apparente plus à une sorte d'argot communautaire dans le meilleur des cas, on peut observer que nombre d'entre nous sommes un peu handicapés avec l'orthographe. avec les années nos souvenirs d'une langue que nous avons apprise, à l'écrit et à l'oral, s'effacent. Combien de fois avons nous doutés de l'orthographe de tel ou tel mot en rédigeant une lettre, un mail, un SMS? et dès que le doute s'insinue on le sait ça devient très problématique.
Certains linguistes, très sérieux, ouvrent le débat et proposent donc ne supprimer par exemple les doubles consonnes dans les mots qui statistiquement posent le plus de problèmes (ils les ont listés... j'ai oublié les exemples les plus marquants, désolé). Ou encore de supprimer le "ph" pour le son "f" comme dans "orthographe", ce qui donnerait donc "orthografe" (CQFD le titre du post). Ils vont même jusqu'à proposer de simplifier les terminaisons des verbes conjugués.
Pour appuyer leur propositions ils expliquent qu'une langue, lorsqu'elle est trop complexe, perd sa facilité de transmission et est donc en voie de disparition. Ils expliquent que le recul de la francophonie dans le monde est victime de la sophistication du français par rapport à l'anglais. Aussi ils expliquent que le français à évolué non seulement par la transformation à l'usage (des mots ont étés orthographiés différemment au XVIIème ou XVIIIème siècle, par rapport à aujourd'hui). Mais d'autres évolutions ont eu lieu sur l'ordonnance d'une réforme de l'orthographe.
Même si je fait des fautes, même si je m'interroge sur l'orthographe de certains mots, je préfère que l'on ne change rien et que l'on garde ces bizzarreries  qui font le charme esthétique du français.

Il y a avait longtemps que je n'avais pas écrit sur ce blog... Hé bien vous ne devez pas être déçus...

mercredi 14 janvier 2009

Happy New Year 2009

2009 pourrait ressembler à ça...



































ZABRISKIE POINT by Michelangelo Antonioni
(1970)

Musique:
The end of a dark, tired year by Piano Magic
in The trouble sleep of the piano magic


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dimanche 11 janvier 2009

FICTION (17)

La Maman et la putain 
by Diabologum
in #3 (Ce n 'est pas perdu pour tout le monde)
dialogue tiré du film éponyme de Jean Eustache



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samedi 3 janvier 2009

FICTION (16)

Ce qui compte c'est d'oublier presque tout. Ne se souvenir que de l'odeur, de la peau, de la voix, le regard, les mains.
Ne garder que l'essentiel de l'unicité de la personne.
Je veux dire en dehors des pensées, idées, remarques de la personne, qui lui sont propres mais qui finalement ne correspondent souvent qu'à un instant T.
Et même les moments s'effacent, s'altèrent, se modifient dans le souvenir.
L'odeur, la peau, le voix, le regard, les mains resteront un souvenir précis de l'autre.

Et puis ne jamais oublier que plus tard, ailleurs, il y aura d'autres odeurs, d'autres peaux, d'autres voix, d'autres regards, d'autres mains. Et que nous nous endormirons toujours légers et insouciants tel des chatons, frères et soeurs.

mercredi 31 décembre 2008

FICTION (15)

A quelques heures d'une année que tout le monde annonce comme difficile, chacun fait ses voeux secrets.
Dans la démarche pressée par le froid, dans les visages crispés des passants on peut lire une inquiétude.
L'inquiétude serait exorcisée dans les dernière heures de l'année par les alcools, qui seraient comme la dernière cigarette du condamné.

Finalement égoïstement je ne formulais que des voeux intimes, bien plus petits que le vaste monde mais qui suffiraient à me réchauffer.
J'essayais de distinguer ce visage que je sens tout proche, là dans l'ombre. Ce visage dont je ne distinguait pas encore bien les traits. Mais l'intuition d'une présence toute proche me rassurait.
Elle était là c'est sûr, toute proche.
Et les mois qui viennent allaient voir nos corps se réchauffer pendant que tout autour de nous le monde s'effondre en silence.

mardi 23 décembre 2008

FICTION (14)

Mon amour m'a baisé
de Benjamin Biolay in A l'origine



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dimanche 14 décembre 2008

FICTION (13)

Comme je ne sais plus quoi répondre, je ne réponds pas. Comme je suis épuisé, je n'ai pas envie de m'épuiser plus. Comme je ne sais pas ce qu'il faudrait changer, je ne change rien.
Et je laisse les choses se passer... Je les laisse glisser.

Non pas que je n'en pense rien, non pas que je m'en fiche. Loin de là.

Simplement parce que je pense que les vents contraires sont trop forts, et qu'il est doux de se laisser dériver parfois.

dimanche 30 novembre 2008

Avertissement?

Vu dans le métro aujourd'hui, ligne 4...

C'est pour bientôt?

samedi 29 novembre 2008

Two lovers

J'avais envie de me réchauffer devant une belle histoire d'amour (hé oui ça arrive...) et j'ai vu un film auquel je ne m'attendais pas vraiment. Qu'est-ce que j'attendais? Ho je sais plus...
Mais le film m'a décontenancé dès le début. Ce faux suicide et ce sinistre appartement de parents, et surtout ce personnage pas vraiment aimable auquel on a pas vraiment envie de ressembler.
Et puis c'est lorsque les femmes paraissent que le film commence à vivre. Et là je me suis senti comme le personnage de Joaquin Phoenix... pas insensible au charme de Vinessa Shaw. 
Cette fille qui déboule dans sa chambre et qui s'intéresse et cette façon quelle a de le regarder. C'est presque trop facile... et on craque forcément.
Mais il y aussi la voisine, Gwyneth Paltrow et là dès qu'elle apparaît on a envie de l'embrasser.
Comme Joaquin Phoenix en somme.
Et c'est (pour moi) la force du film. Me mettre face à cette ambivalence permanente face à ces deux femmes. Entre la raison avec cette belle et aimante femme, et le coeur avec cette fille un peu folle, un peu fragile.
Ce tiraillement si simple, banal, James Gray le retranscrit très bien.
Peut-être attendais-je quelque chose de plus romanesque, de moins sec. Et de moins classique dans la mise en scène. Parce que là on peut dire que c'est ultra-classique. même si c'est très réussit lorsqu'il tente le plan-séquence notamment dans cette superbe scène entre Phoenix et Paltrow sur le toit. Là on sent toute la détresse du personnage et on ne peux que s'y identifier, repenser à des choses connues.
Le faux suspense du départ avec Paltrow me semble un peu too much... téléphoné. Et puis je ne peux adhérer à cette fin "familliariste", même si bien sûr c'est impossible autrement me semble-t-il pour James Gray.
Je sui sorti du film un peu déçu finalement et curieusement le film m'a un peu travaillé par la suite. Et il s'est embellit dans mon souvenir... ce qui me fait dire que ce doit être le même phénomène qui a touché les journalistes qui avaient unanimement rejetés le film à cannes et l'encensent aujourd'hui...

Yes we can...

Jeudi après-midi, à Chateau d'eau, à Paris, une affiche accroche mon regard. Il s'agit d'un pastiche d'une affiche de Barack Obama, sauf que le visage stylisé est celui de notre Talonettes 1er...
Sous le visage, une phrase: "Créer 3 millions d'emplois non délocalisables" et dessous, le slogan "yes we can!".
Plusieurs affiches sont collées l'une à côté de l'autre, identiques, sauf la proposition qui change: "Permettre à chaque famille d'économiser 1000€ par an" et encore "yes we can!". 
Je m'arrête devant les affiches, je cherche un logo de l'UMP ou un autre logo, une quelconque signature. Rien. Je repars en me disant que Talonettes 1er est décidément gonflé et sacrément opportuniste.
Plus tard je repense à ces slogans et à l'absence de "signature". Je me dis qu'il doit s'agir d'une action ironique voire terroriste comme ne va pas tarder à le dire sans doute la ministre de l'intérieur qui voit des terroristes partout.
prenez la phrase "Créer 3 millions d'emplois non délocalisables". Il faut être assez gonflé pour dire cela le jour où le pays compte plus de deux millions de chômeurs et se trouve en pleine crise économique! C'est sûr cette phrase est ironique...
Prenez la phrase: "Permettre à chaque famille d'économiser 1000€ par an". C'est tout à fait le type de démagogie dont est capable Talonettes 1er, en jouant sur le bon sentiment, sur la connivence qui nous dit: "je n'en demande pas beaucoup plus, je sais que 1000€ est une somme importante pour beaucoup de français". Oui il aurait pû le dire... Et cette phrase est en plus insultante de la part de quelqu'un pour qui 1000€ ne signifie rien, qui a nommé une ministre de la justice qui porte des bagues à 15 000€.

Il s'agit donc bien d'une supercherie, mais bien plus maline, que n'importe quelle affiche contestataire car elle pastiche un style, émet une confusion possible et met au jour exactement la démagogie de Talonettes 1er qui se rêve aussi en Obama français.
J'attends donc l'interpellation au petit matin des colleurs d'affiches, et leur mise en examen immédiate pour entreprise terroriste.
puisqu'il semble qu'aujourd'hui se soit à la mode (mais j'y reviendrais dans quelques jours).

dimanche 23 novembre 2008

FICTION (12)

Louise by Syd Matters
in Ghost Days



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FICTION (11)

Ne plus parler. Passer des journées ensemble sans rien dire. Ne plus avoir peur du silence entre deux êtres. Elle disait qu'elle était d'accord, elle disait que c'était ça aussi qui tuait les couples, cette sensation de se sentir obligé de parler. Et souvent parler pour ne rien dire, juste pour échapper au silence culpabilisant. 
Oui c'est ça, il ne faudrait pas parler tout le temps. laisser passer de longs hivers dans la communication entre les êtres. Etre juste présent, être ensemble, sans parler.
Juste sentir ce temps et ce silence qui passe comme un courant d'air ou un courant électrique. Et ça, ce serait juste bien, suffisant.
Et ce moment, cette qualité, serait rare. A goûter avec délectation.

mardi 18 novembre 2008

Mesrine, l'instinct de mort

Comme beaucoup j'attendais ce film sur Mesrine après avoir lu de longs passages de son autobiographie, L'instinct de mort.
Finalement je me suis ennuyé passablement devant le film alors qu'il y avait dans le livre une sorte de fièvre lorsque Mesrine racontait son parcours. Je n'ai toujours vu que Cassel, et trop peu Mesrine dans ce film. Enfin dans cette moitié de film puisqu'il s'agit vraiment d'une partie de film et non pas d'un volet. Donc je me prononcerais plus sûrement après avoir vu la seconde partie dans les jours qui viennent.
Toutefois le film me pose des problèmes dans sa façon d'aborder le personnage, et dans sa mise en scène.
Si je ne vois que Cassel c'est peut-être justement parce que dans cette première partie Mesrine n'existe pas encore vraiment. je veux dire par là que Mesrine, le personnage que l'on "connaît", n'est pas encore tout à fait né. peut-être... l'hypothèse reste à vérifier. Même si j'ai toujours du mal avec Cassel qui, pour moi, ne s'efface jamais derrière un rôle si ce n'est parfois dans Sur mes lèvres de Jacques Audiard. J'ai toujours l'impression de voir Cassel qui nous fait une démonstration de force, de toute puissance de sa présence. Et puis j'ai le sentiment que dans ce cas il n'aime pas son personnage... il n'aime pas Mesrine. On pense ce que l'on veut de Mesrine mais il faut bien, pour interpréter un rôle, l'aimer un peu. Aimer au moins l'homme même si l'on ne cautionne pas tout ses actes, même si on ne le comprends pas toujours. Et là je voit Cassel nous dire en permanence "Je joue Mesrine, mais attention je cautionne pas, hein?". Je pense que Cassel est bien trop straight pour défendre la trajectoire de Mesrine et qu'il préfère rester politiquement correct en se mettant à distance d'un personnage dont il ne veut défendre aucun acte. et ça me gêne tout le long du film.
Le fait que le film soit réalisé par Jean-François Richet était là aussi une promesse d'énergie. Mais malheureusement je trouve que Richet perd beaucoup d'énergie à remuer sa caméra sans arrêt, à zoomer, à recadrer dans le style caméra embarquée au coeur de l'action qu'à nous donner le plaisir, l'ivresse que pouvait ressentir Mesrine à chacun de ses coups. Là encore je pense que Richet se méfie de Mesrine, qu'il ne l'aime pas suffisamment. Même simplement pour essayer de l'approcher, tenter de le comprendre.
Que reste t-il quelques jours après la projection? Peu de choses, peu de scènes, peu de plaisir.
Peut-être une émotion, une seule en deux heures, au moment où Mesrine téléphone à sa compagne et lui dit qu'il va venir la chercher, la sortir de sa prison, et où elle le supplie de ne pas le faire et lui dit que c'est terminé entre eux. Là le split-screen sert vraiment le film et les acteurs, en les séparant au propre comme au figuré, en mettant côte à côte ces deux visages.
D'ailleurs il faut souligner la belle prestation de Cécile de France, méconnaissable pour le coup, esquissant en quelques scènes un vrai personnage, qui existe plus que tous les autres.
Il me reste en tête aussi cette scène vers la fin, où il y a ce moment d'hésitation, de peur, juste avant d'abattre les deux gardes forestiers. Pour une fois on sent Mesrine, sa tension, son hésitation. Et la mise en scène, calme, précise, me semble totalement réussie grâce à  ce triangle Mesrine-Mercier-Les gardes au milieu duquel se trouve, prisonnière la compagne de Mercier.
Mais comment pardonner ces scènes ridicules plus tôt dans le film?
La séquence de générique avec force split-screen sensé muscler, tendre une tension qui n'existe en fait jamais au coeur du plan. Et cette première phrase inaudible de Mesrine dans la voiture (une clé? rendre inaudible la voix de Mesrine?...).
Ou encore cette scène ridicule où il baise avec une prostituée et où il lui parle en même temps.
Et puis la scène du dîner familial, toc au possible. Ou cette scène où apparaît Guido (Depardieu) et où on se croirait dans une parodie de film de gangster franchouillard.
D'ailleurs la simple présence de Depardieu dans ce rôle m'agace. Je le trouve mauvais comme rarement (et pourtant on a eu des occasions de le voir mauvais!). J'aurais vraiment aimé voir Guido sous les traits d'un acteur inconnu, plus arride, plus rèche. Je préfère ne même pas m'étendre sur l'insupportable Gilles Lellouche...
Et puis il y a cette lumière baveuse, criarde, appuyée qui (surtout dans la première moitié du film) donne un ton Le fabuleux destin de Jacques Mesrine... Même si cela s'arrange un peu avec la lumière naturelle des scènes au Canada.

J'irai voir la suite du film, pour une vision d'ensemble et peut-être être plus juste avec  un film qui pour l'instant m'a passablement ennuyé.